
Percer du carrelage casse un carreau pour trois raisons, et deux d'entre elles sont des réglages. Bosch les donne noir sur blanc dans son guide de perçage : « Assurez-vous de désactiver la fonction de percussion ou de martelage de la perceuse », et « la vitesse de rotation ne doit pas dépasser 1 000 tours ».
La troisième raison est le foret, et il se choisit sur une donnée que personne ne regarde : la dureté du carreau. Ce qui suit donne cette échelle, le foret qui va avec, le repère qui dit quand changer d'outil en cours de perçage, et l'alternative qui évite de percer le carreau du tout.
Les carreaux « sont principalement composés de grès cérame, de faïence ou de porcelaine », et ces matériaux ne se percent pas de la même manière.
La faïence est « particulièrement poreuse et fragile », toujours émaillée, et sert généralement de revêtement mural. Le grès cérame a « une structure beaucoup plus dense », ce qui le rend « très robuste et durable », d'où son emploi au sol. La porcelaine est « encore plus résistante » et, grâce à sa haute densité, absorbe très peu d'eau, ce qui la destine à l'extérieur.
Bosch ramène tout cela à une échelle de dureté « de 1 (très fragile) à 10 (très dur) » : « les carreaux ordinaires ont une dureté entre 3 et 4 », les carreaux en porcelaine « atteignent un degré de dureté de 8 », et pour comparaison, « un diamant a une dureté de 10 ».
D'où la règle qui commande l'achat : le foret doit être plus dur que le carreau. La dureté « est généralement indiquée sur l'emballage » du carreau. Sans emballage, Bosch propose un test : essayer de rayer le matériau avec la tête du foret, « de préférence sur une chute » ou à un endroit « où une rayure passera inaperçue ».
Quatre familles, et elles ne sont pas interchangeables.
Le foret pour verre, en forme de lance, à pointe très tranchante. Il « perce facilement les carreaux jusqu'à un degré de dureté de 3 ». Bosch impose alors deux conditions : « le refroidir avec de l'eau et travailler à basse vitesse, sans grande pression. Sinon, le risque de briser le carreau est considérable. »
Le foret pour carrelage, une mèche hélicoïdale trempée dont « l'arête de coupe est affûtée au diamant », pour les carreaux « de dureté moindre et moyenne ». Avantage pratique : « un refroidissement n'est pas nécessaire ».
Le foret ou le trépan diamanté, indispensable pour « du carrelage au sol comme des dalles pour le sol ou en grès cérame, qui sont très dures ». « La pointe ou la couronne de forage est recouverte de fins diamants » qui forment en permanence de nouvelles arêtes et s'aiguisent d'eux mêmes. C'est la solution des grands diamètres, quand il faut laisser passer un tuyau. Attention à la variante : les modèles « refroidis par paraffine » percent longtemps sans surchauffer, les modèles non refroidis « nécessitent un refroidissement à l'eau ».
Le foret pour maçonnerie, qui n'est « que partiellement adapté ». Sa plaque métallique dure « ne peut guère pénétrer proprement dans le matériau ». Il sert après, pas avant.
Trois vérifications, dans cet ordre, et la première n'est pas facultative.
Les conduites. Bosch rappelle qu'« il existe des emplacements pour leur installation situés autour des portes et des fenêtres, sous le plafond et au dessus du sol, à une distance de 30 cm », mais avertit aussitôt : « vous ne devez pas vous y fier : en particulier dans les bâtiments anciens, les conduites peuvent être installées de manière irrégulière ». Un détecteur de matériaux tranche. Et « il est préférable de couper le courant au disjoncteur avant de percer ».
Le vide sous le carreau. C'est le contrôle que personne ne fait et qui explique bien des casses : « Il ne doit pas y avoir de cavité sous le carrelage. Vous pouvez vérifier cela en tapotant : si le son est le même partout, cela signifie que le carrelage est solidement fixé sur le support. » Un carreau qui sonne creux se fendra sous la pression.
L'amorce. Pour empêcher le foret de glisser sur l'émail, on crée un petit creux au pointeau, « légèrement incliné », par « plusieurs légers coups de marteau », ou avec un clou solide. Deux exceptions utiles : l'étape « n'est pas nécessaire » avec un foret diamanté, et un ruban adhésif transparent posé en croix sur le repère limite à la fois le dérapage et l'éclat du bord.
Quatre consignes, et elles tiennent en peu de mots.
Percussion coupée. « Les chocs pourraient endommager le carrelage. » C'est l'erreur la plus coûteuse, parce qu'une perceuse à percussion est souvent laissée dans son mode par défaut.
Faible pression. « Percez doucement à travers le matériau avec une faible pression. Une pression excessive pourrait fissurer le carrelage. »
Vitesse plafonnée à 1 000 tours. Bosch pose la limite chiffrée, ce qui est rare dans ce genre de conseil.
D'équerre. « Toujours positionner la perceuse à angle droit. Si le foret est incliné, le carrelage pourrait être endommagé. » Un gabarit ou un dispositif de guidage y aide.
Reste la chaleur. « La plupart des forets chauffent beaucoup pendant le perçage », et Bosch en donne la conséquence exacte : « une surchauffe peut endommager l'outil et provoquer des tensions dans le matériau, entraînant la fissuration du carrelage ». De l'eau ou de l'huile de coupe suffisent, sauf pour les forets à carrelage et les diamantés à paraffine, qui s'en passent, « cependant, surveillez toujours la température, surtout lors de longs perçages ».
C'est le repère le plus utile du guide, et il transforme le perçage en deux opérations distinctes.
« Les carrelages disponibles dans le commerce ont généralement une épaisseur comprise entre 8 et 11 mm. Une fois cette profondeur atteinte, changez pour un foret à béton, également appelés forets de maçonnerie. » La raison est économique autant que technique : « les forets pour carrelage, pour verre ou les mèches diamantées s'usent rapidement dans la maçonnerie ».
Et Bosch donne le signal qui permet de s'en rendre compte sans mesurer : « vous saurez que vous avez traversé le carrelage lorsque le foret n'évacue plus le matériau du carreau du trou de forage ». La poussière change de couleur et de nature.
Une fois dans le mur, le régime s'inverse : « continuez alors à percer à vitesse normale et avec la pression appropriée », et « si vous ne progressez pas, vous pouvez réactiver la fonction percussion ». La percussion redevient permise dès que le carreau est derrière vous.
L'option existe, elle est plus simple, et elle a une limite précise.
« Plutôt que de percer directement dans le carrelage, vous pouvez aussi percer dans le mortier ou le ciment des joints de carrelage. C'est beaucoup plus simple. De plus, les trous peuvent être facilement colmatés ultérieurement. »
La limite tient en une phrase : « seuls les trous et chevilles plus petits que la largeur du joint lui même sont adaptés à cette méthode », et « il n'est pas possible de fixer des armoires lourdes de la sorte ». Un porte serviettes, oui. Un meuble haut chargé, non.
La méthode reste la même, avec un foret standard à maçonnerie ou pour béton, percussion coupée, puis réactivable « lorsque vous atteignez la maçonnerie ».
Elle décrit le perçage d'un carreau posé, avec les outils et les réglages que donne un fabricant d'outillage. Elle ne traite ni de la découpe d'un carreau avant pose, ni du remplacement d'un carreau cassé, ni de la pose elle même.
Elle ne donne aucun diamètre de cheville ni aucune charge admissible, qui dépendent du support derrière le carreau et de la fixation choisie. Elle ne dit rien des autorisations à demander dans un logement loué. Et elle ne cite aucun modèle à acheter : ce qui est nommé ici, ce sont des familles d'outils et les matériaux qu'elles acceptent.
Un carreau se choisit aussi par ce qu'on pourra y faire ensuite : sur les produits d'entretien, la même question du support commande tout, et enlever la rouille sur du carrelage montre qu'un nettoyant acide ne va que sur une surface résistante aux acides. La façon dont nous allons chercher ces consignes chez le fabricant est décrite dans nos règles de publication.
Le reste de ce que nous écrivons sur le bricolage domestique est en rubrique Maison.
Une mèche diamantée, que Bosch qualifie d'indispensable pour les dalles de sol et le grès cérame, très durs.
Oui. Bosch demande de désactiver la fonction de percussion ou de martelage, les chocs pouvant endommager le carreau.
La vitesse de rotation ne doit pas dépasser 1 000 tours selon le guide du fabricant, avec une faible pression.
Le foret doit être plus dur que le carreau. La dureté figure généralement sur l'emballage du carreau, et à défaut, Bosch suggère d'essayer de rayer une chute avec la tête du foret.
Oui pour un foret à verre et pour un diamanté non refroidi, à l'eau ou à l'huile de coupe. Les forets à carrelage et les diamantés à paraffine s'en passent, en surveillant la température.
Généralement de 8 à 11 mm. C'est la profondeur à laquelle il faut passer à un foret à béton ou de maçonnerie.
Quand le foret n'évacue plus de matériau du carreau hors du trou : la nature de la poussière change.
Oui. Une fois le carreau traversé, on perce à vitesse normale, et la percussion peut être réactivée si ça n'avance pas.
En amorçant au pointeau par petits coups de marteau, et en posant du ruban adhésif en croix sur le repère. L'amorce n'est pas nécessaire avec un foret diamanté.
En tapotant : si le son est le même partout, le carrelage est solidement fixé sur son support. Un carreau qui sonne creux casse.
Oui, c'est plus simple et rebouchable, mais seulement pour des trous et des chevilles plus petits que la largeur du joint. Pas pour une armoire lourde.
Avec un détecteur de matériaux. Les gaines suivent souvent des axes à 30 cm du sol, du plafond, des portes et des fenêtres, mais Bosch prévient qu'on ne doit pas s'y fier dans les bâtiments anciens. Couper le courant au disjoncteur avant de percer.
Sources :