
Trouver un nid de mésange dans un coffre de volet, sous une avancée de toit ou dans un trou de façade pose toujours la même question, et la réponse juridique est plus stricte qu'on ne le croit. La fiche de la Ligue pour la protection des oiseaux est nette : l'article L411-1 du code de l'environnement interdit « la destruction ou l'enlèvement de leurs nids ou œufs », ainsi que la « perturbation intentionnelle des animaux, notamment pendant la période de reproduction ».
L'automne ouvre la seule fenêtre où l'on peut intervenir, et c'est aussi le meilleur moment pour poser une cavité de remplacement. Ce qui suit dit ce que l'interdiction couvre exactement, ce que l'on peut faire maintenant, et les cotes d'un nichoir qui sera occupé plutôt que déserté.
Un mot d'abord sur ce qu'on regarde. Le nid d'une mésange est une coupe de mousse tapissée de poils et de plumes, logée au fond d'une cavité : un trou d'arbre, un défaut de maçonnerie, un coffre de volet, un nichoir. La mésange ne construit pas à l'air libre, elle occupe un creux, et c'est ce qui la met en concurrence avec nos bâtiments.
Deux interdictions distinctes se superposent, et il est utile de les séparer.
La destruction ou l'enlèvement des nids et des œufs vise l'objet lui même. Elle ne dépend pas de la saison ni de la présence d'oiseaux au moment où vous agissez.
La perturbation intentionnelle vise l'animal, « notamment pendant la période de reproduction ». C'est elle qui interdit d'ouvrir un coffre de volet occupé pour voir, de poser une échelle sous le nid, ou de reprendre un chantier de façade à un mètre d'une couvée.
La mésange charbonnière comme la mésange bleue sont des passereaux nicheurs en cavité, et ces espèces figurent sur la liste des oiseaux protégés fixée par arrêté ministériel. La protection ne se discute donc pas espèce par espèce dans un jardin : pour les mésanges, elle s'applique.
Ce que la loi ne vous impose pas, en revanche, c'est de renoncer définitivement à vos travaux. Elle impose de les caler sur le calendrier de l'oiseau, et ce calendrier finit à l'automne.
La saison de nidification des passereaux court du printemps au cœur de l'été, une seconde puis parfois une troisième couvée repoussant l'échéance jusqu'en juillet ou août. Une fois cette période passée, le nid est vide.
C'est le moment où la LPO place l'entretien : « Nettoyer le nichoir à la fin de la saison de reproduction (en automne) pour le débarrasser des parasites. » Et elle donne la manœuvre en quatre temps, qui vaut pour un nichoir comme pour une cavité que l'on veut assainir : vider, brosser, rincer à l'eau bouillante, sécher.
L'eau bouillante est le seul agent employé. Aucun produit, aucun insecticide : ce qui reste dans le bois serait respiré par la nichée suivante.
Un nichoir à toit amovible rend l'opération praticable, ce que la LPO signale elle même. Sur une cavité de bâtiment, l'accès est rarement aussi simple, et l'intervention se limite souvent à retirer l'ancien nid.
C'est le point que la LPO met en avertissement, et il explique pourquoi les nids apparaissent là où on ne les veut pas : « Lors des rénovations de façades, veillez à laisser les cavités existantes ! »
Les mésanges nichent « dans une cavité : arbre creux, trou dans un édifice ou sous un toit ». Or ces cavités « se raréfient de façon alarmante car les arbres creux sont coupés, les bâtiments impeccablement rénovés ». Un quartier qui refait ses façades supprime en quelques années tous ses sites de nidification, et les oiseaux se rabattent sur ce qui reste, coffres de volets compris.
La LPO ajoute une phrase qui remet le nichoir à sa place : « le nichoir reste une cavité artificielle et il n'y a rien de mieux que de préserver les vieux arbres et en planter de nouveaux ». Un nichoir compense, il ne remplace pas.
Un nichoir mal fait n'est pas occupé, et les raisons sont presque toujours les mêmes. Voici ce que la fiche prescrit, point par point.
C'est la mesure la plus importante d'un nichoir, parce que c'est elle qui décide de l'espèce qui entrera, et elle se rate facilement d'un coup de mèche.
Le tutoriel de la LPO est net : « Veillez à bien respecter le diamètre de 30 à 32 mm pour le trou d'envol » pour la mésange charbonnière. Trop petit, elle ne passe pas ; trop grand, un étourneau ou un moineau s'installe, et les prédateurs accèdent à la couvée.
Le même tutoriel donne le plan complet, pour qui construit plutôt que d'acheter : du bois de classe 3 minimum résistant aux intempéries, non traité, un toit de 19 x 22 cm, une façade avant de 15 x 18 cm, un arrière de 15 x 20 cm, des côtés de 15 cm de large et un fond de 15 x 12 cm. Il demande aussi que le nichoir soit « légèrement incliné vers l'avant », pour que la pluie n'entre pas par le trou, et il plafonne la hauteur à environ 6 mètres.
Un mot sur l'épaisseur des planches, parce que les deux pages de l'association ne donnent pas tout à fait le même chiffre : la fiche générale parle de 2 cm en idéal, 1 cm au minimum, le tutoriel de 1,5 à 2 cm. Les deux se rejoignent sur le haut de la fourchette, et c'est celui à retenir : 2 cm.
La hauteur d'abord : pour un nichoir à mésanges, plus de 2 mètres.
L'orientation ensuite, et elle est précise. Ces aménagements « ne doivent pas être placés dans des secteurs très ombragés ni exposés aux vents dominants ». La LPO recommande d'orienter le trou d'envol vers le sud est ou l'est, « pour éviter la pluie », en veillant toutefois « à faire en sorte que le nichoir ne soit pas en plein soleil l'après midi ». Et pour les mésanges en particulier, « il faut que le trou d'entrée du nichoir soit bien dégagé ».
Le support peut être un arbre au tronc robuste ou du bâti, avancée de toit, poutre ou façade.
Reste le point sur lequel beaucoup de nichoirs bien construits échouent : les prédateurs. « Attention aux branches horizontales ou murets à proximité, qui pourraient permettre aux prédateurs d'y avoir accès. » Un nichoir à trois mètres du sol mais à trente centimètres d'une branche accessible n'est pas à trois mètres du sol.
La question se pose chaque printemps, et elle se pose trop tard. La LPO : « Posez vos nichoirs dès le début du mois de janvier, voire en automne, car certains oiseaux, comme la mésange, prospectent très tôt les cavités favorables », et d'autres, comme le troglodyte mignon, « y dorment parfois en hiver ».
Une mésange repère son site des semaines avant d'y construire. Un nichoir posé en mars arrive après la décision. Celui qui a passé l'hiver en place a été vu, visité, comparé.
C'est pourquoi l'automne est une saison double : on nettoie l'ancien et on installe le nouveau dans le même geste, et l'un comme l'autre seront prêts pour la prospection de l'hiver.
La dernière consigne est la plus difficile à tenir, et la LPO la formule sans illusion : « Même si c'est tentant, ne pas visiter son nichoir pendant la période de reproduction, printemps et été, mais l'observer à distance, avec des jumelles ! »
Ce n'est pas seulement une question de délicatesse. Ouvrir un nichoir occupé relève exactement de la perturbation intentionnelle que l'article L411-1 interdit pendant la reproduction. La curiosité et l'infraction se rejoignent ici.
La LPO propose une sortie à ceux qui ne tiendront pas : « Pour les trop curieux, choisir des nichoirs avec webcam intégrée. » L'observation est alors continue et ne coûte rien à la nichée.
Elle porte sur les mésanges et les passereaux cavernicoles en France métropolitaine. Les hirondelles et les martinets, qui construisent un nid maçonné apparent, relèvent de fiches juridiques distinctes et d'un régime de dérogations propre aux travaux sur bâti.
Elle ne donne pas les plans cotés d'un nichoir ni le diamètre du trou d'envol espèce par espèce, qui figurent dans les plans de construction de l'association et varient d'un modèle à l'autre. Elle n'indique pas non plus la procédure de demande de dérogation pour un chantier qui ne peut pas attendre l'automne, laquelle se traite avec les services de l'État.
La façon dont nous allons chercher ces règles chez l'association de référence plutôt que dans un résumé est décrite dans nos règles de publication.
Le même article du code de l'environnement commande une situation beaucoup plus fréquente et plus urgente, celle où l'on ramasse un jeune oiseau : notre page sur l'oisillon tombé du nid détaille ce que la détention fait encourir et les trois conditions du transport vers un centre de soins. Et pour l'espèce du jardin que l'on détruit le plus souvent pour rien, voir la guêpe charpentière. Les oiseaux et les insectes du jardin ont leur rubrique à part, Nature.
Non. L'article L411-1 du code de l'environnement interdit la destruction ou l'enlèvement des nids et des œufs des espèces protégées, et les mésanges en font partie.
L'interdiction de destruction porte sur le nid lui même. Pour un nichoir que vous avez posé, la LPO prévoit un nettoyage à l'automne. Pour une cavité de bâtiment, le sujet relève d'une dérogation si des travaux l'exigent.
Au cœur de l'été pour les passereaux, jusqu'en juillet ou août quand une deuxième ou une troisième couvée s'enchaîne.
Vider, brosser, rincer à l'eau bouillante, sécher, à la fin de la saison de reproduction, en automne. Aucun produit chimique.
Dès le début du mois de janvier, voire en automne, la mésange prospectant très tôt les cavités favorables selon la LPO.
À plus de deux mètres, en surveillant qu'aucune branche horizontale ni aucun muret proche ne serve d'accès à un prédateur.
Vers le sud est ou l'est pour éviter la pluie, sans plein soleil l'après midi, à l'écart des vents dominants et des secteurs très ombragés.
Non. La LPO déconseille la peinture et interdit les traitements chimiques. Elle conseille de l'huile de lin chaque année pour l'étanchéité.
Deux centimètres en idéal, un centimètre au minimum, dans un bois résistant à l'humidité comme le pin, le sapin, le peuplier, le chêne ou l'aulne.
Pour que les oiseaux puissent s'agripper aux parois. Une paroi lisse empêche les jeunes de remonter vers le trou d'envol.
Non. La LPO demande de ne pas visiter un nichoir pendant la reproduction, et ouvrir relève de la perturbation intentionnelle que la loi interdit.
De 30 à 32 mm, cote que le tutoriel de la LPO demande de bien respecter. Trop grand, il laisse entrer d'autres espèces et les prédateurs.
Du bois de classe 3 minimum, résistant aux intempéries et non traité, en planches de 1,5 à 2 cm d'épaisseur selon le tutoriel de la LPO.
Oui, légèrement vers l'avant, pour que la pluie n'entre pas par le trou d'envol.
Les causes les plus fréquentes tiennent aux cotes et à la pose : bois lisse, épaisseur insuffisante, peinture, hauteur trop faible, trou d'envol mal orienté ou encombré, accès facile pour un prédateur, ou pose trop tardive dans la saison.
Sources :