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La rédaction de Réflexe Pratique À propos
Les cheveux caramel ne sont pas une couleur mais une famille de nuances, et c'est ce qui rend la demande si facile à formuler et si difficile à satisfaire chez le coiffeur ou devant le rayon. Entre un caramel miel clair et un caramel chocolat, il y a plusieurs hauteurs de ton, des reflets différents, et parfois un passage par la décoloration.
Cette page donne les repères qui permettent de se décider : ce qu'est le caramel, comment on lit le numéro d'une boîte, quelle base naturelle s'y prête, comment le conserver, et ce que disent l'Anses et l'ANSM d'une précaution que beaucoup croient obligatoire, le test d'allergie des 48 heures.
Le caramel est une teinte chaude située entre le blond foncé et le châtain clair. Schwarzkopf le décrit comme une « famille de nuances située entre le blond foncé et le châtain clair », qui peut tirer vers des reflets dorés comme le miel, vers un cuivré doux ou vers un brun lumineux. Dessange le définit de la même façon : une palette de reflets dorés, cuivrés et miel qui s'harmonisent en une teinte chaleureuse.
Il n'y a pas de caramel propre aux femmes ou aux hommes : les sources consultées décrivent une couleur, pas un public. Ce qui change l'effet, c'est la base naturelle de la personne. Dessange précise que la nuance s'ajuste au point de départ, plus claire pour un blond beige lumineux, plus soutenue pour flirter avec un marron clair enveloppant.
La marque de coloration le dit aussi par la base :
Pour avoir les cheveux caramel, il existe trois voies, et la bonne dépend de la distance entre sa couleur de départ et le caramel visé.
La coloration d'ensemble. Une coloration permanente change la couleur de fond sur toute la chevelure. Elle convient quand l'écart est faible, par exemple un châtain clair que l'on veut réchauffer. L'ANSM décrit ce procédé : la couleur s'obtient par la formation de polymères colorés qui pénètrent dans le cheveu à partir de deux composants, le précurseur et le coupleur. Elle recouvre 100 % des cheveux blancs, et la couleur d'origine réapparaît à la repousse, généralement entre trois et six semaines après la teinture.
Le balayage. Sur une base brune, c'est la technique qui donne un effet diffus. Dessange le définit comme un éclaircissement partiel, quelques mèches seulement, surtout sur les longueurs et les pointes, avec des reflets irréguliers « sans démarcations visibles ». Le salon recommande de le rafraîchir tous les trois à quatre mois pour préserver l'éclat et éviter une repousse visible.
L'éclaircissement léger. Schwarzkopf indique qu'un caramel peut éclaircir de un à deux tons une base brune sans décoloration marquée, selon la couleur de départ. Au-delà, il faut une vraie décoloration, et c'est là que les risques de la chimie capillaire augmentent : l'Anses note que les décolorants éclaircissent en éliminant les pigments naturels, et qu'ils présentent eux aussi des risques irritants ou allergisants.
Une seule règle vaut pour les trois : plus la base est foncée, plus le caramel demande d'étapes. Un brun très foncé ne passe pas au caramel clair en une coloration de boîte.
Le numéro d'une coloration se lit en deux parties, et le caramel s'y repère facilement une fois le code compris. Cette lecture vient d'une fiche pédagogique de lycée professionnel de coiffure et de l'article d'une marque de salon.
Le chiffre avant le point est la hauteur de ton, de 1 à 10, du plus foncé au plus clair : 1 noir, 2 brun, 3 châtain foncé, 4 châtain, 5 châtain clair, 6 blond foncé, 7 blond, 8 blond clair, 9 blond très clair, 10 blond très très clair. Entre deux numéros, il y a un ton d'écart. C'est la couleur de fond.
Le chiffre après le point est le reflet. Franck Provost le donne ainsi : 0 naturel, 1 cendré, 2 irisé, 3 doré, 4 cuivré, 5 acajou, 6 rouge. Un 5.3 est donc un châtain doré. S'il y a deux chiffres après le point, la couleur combine un reflet principal et un reflet secondaire.
La fiche de coiffure ajoute un avertissement qu'il faut retenir : certaines marques personnalisent leur gamme en numérotant les reflets différemment. Le code se lit donc sur le nuancier de la marque, jamais de mémoire.
Appliqué au caramel, cela donne une lecture à faire soi-même, et nous la donnons pour ce qu'elle est, un calcul à partir de deux sources et non la lecture d'un nuancier de marque. Si le caramel se place entre le blond foncé (6) et le châtain clair (5), il se situe autour des hauteurs 5 et 6. Le reflet est doré (.3) pour un caramel miel, cuivré (.4) pour un caramel plus roux.
Quatre noms reviennent sans cesse, et aucun n'est normalisé. Voici ce que les marques décrivent, pas une définition officielle.
Le caramel miel est le plus doré. Schwarzkopf le réserve à la base la plus claire, en gloss ou en semi-permanente, et Dessange cite le miel parmi les trois reflets du caramel.
Le caramel cuivré ajoute un reflet orangé. Dessange le range avec les dorés et les miel dans sa palette caramel, et indique que le blond caramel s'adapte aux brunes, aux châtains, aux roux et aux blondes.
Le caramel clair est la version éclaircie : le salon parle d'un blond beige lumineux. Schwarzkopf voit dans le caramel, pour une blonde, un moyen d'apporter de la profondeur et de s'éloigner du platine ou du beige sans devenir brune.
Le caramel chocolat est la version la plus foncée, du côté du châtain. Aucune source consultée n'en donne une définition chiffrée, et nous ne lui attribuons pas de numéro.
Aucune source consultée ne démontre qu'une couleur rajeunit ou vieillit plus qu'une autre, et nous ne classons pas les teintes. La question mélange du goût et de la lumière, et aucun texte officiel n'y répond.
Ce que l'on peut dire d'objectif tient à la description des marques : le caramel apporte de la chaleur et de la luminosité, et Schwarzkopf l'associe à une transition douce depuis le platine ou le beige sans passer au brun. Reste à chacun de juger l'effet avec sa carnation et sa base, de préférence en salon, sur quelques mèches, avant de se lancer sur toute la tête.
C'est le point sur lequel les sources divergent de la pratique, et il faut le lire de près.
Les fabricants conseillent encore la touche d'essai. L'Anses rappelle que la loi de 1951 imposait de la faire 48 heures avant la coloration, en appliquant un peu de teinture dans le pli du coude ou derrière l'oreille et sans laver la zone pendant 48 heures. Cette obligation n'existe plus depuis 2001, mais les fabricants continuent de la conseiller sur l'emballage, et certains coiffeurs l'exigent.
Le comité scientifique européen s'y oppose. Dans son bulletin d'avril 2026, l'Anses rapporte que le SCCS s'est prononcé contre cette pratique en septembre 2019 : il estime qu'un test préalable entraîne le même risque de sensibilisation que la teinture sur toute la chevelure, tout en augmentant le nombre d'expositions, et qu'il peut donner de faux négatifs chez des personnes pourtant sensibilisées.
L'ANSM le dit autrement. Ses recommandations de bon usage précisent que l'absence de réaction à une touche d'essai ne garantit pas l'absence de réaction allergique, et que les mentions « sans ammoniaque » ou « sans paraphénylènediamine » ne garantissent pas non plus l'absence d'allergie.
Ce que la page ne tranche pas : elle ne dit ni de faire ni de ne pas faire le test. Elle donne ce que chaque autorité écrit, et le fait de suivre la notice du produit reste la règle commune.
Les deux documents s'accordent sur des consignes précises.
Les chiffres donnent la mesure. Entre 2019 et 2025, la cosmétovigilance française a enregistré 124 déclarations liées aux produits de coloration et de décoloration, dont 63 % de cas graves pour les colorations oxydantes, contre 36 % en moyenne pour l'ensemble des déclarations. Huit déclarations faisaient état d'une gorge gonflée avec des difficultés respiratoires.
Une réaction peut toucher le visage et les yeux. Un gonflement de la paupière après une teinture n'est pas un orgelet : notre page sur le traitement de l'orgelet rappelle qu'une paupière gonflée n'a pas toujours la même cause et liste les signes qui imposent de consulter. En cas de difficulté à respirer ou de gonflement de la gorge, l'Anses indique d'appeler le 15.
Pour l'entretien, les marques donnent des consignes voisines, que nous rapportons telles quelles.
Schwarzkopf conseille un shampooing spécifique pour cheveux colorés et un soin repigmentant doré ou beige une fois par semaine pour garder une teinte lumineuse et stable, et un gloss toutes les 4 à 6 semaines. Dessange recommande des shampooings sans sulfates, un masque hydratant par semaine, de limiter les lavages à deux ou trois par semaine, un protecteur avant les outils chauffants et une protection contre les UV au soleil.
Ces conseils viennent de marques de coloration : ce sont des pratiques recommandées par des vendeurs de produits, non des résultats mesurés. La page n'en tire aucun chiffre de durée.
Elle ne donne ni le numéro exact du caramel dans une gamme précise, ni de marque à préférer, ni de prix. Elle ne contient pas non plus de recette de coloration maison et ne promet aucun rajeunissement. Elle ne remplace ni l'avis d'un coiffeur sur sa propre base, ni celui d'un médecin devant une réaction. Pourquoi nous rapportons les consignes des marques sans les reprendre à notre compte : nos règles de publication l'expliquent.
Le caramel se place entre le blond foncé et le châtain clair. Ce qui change, c'est la base : plus claire, il tire vers le blond beige, plus soutenue vers le marron clair.
Parfois : Schwarzkopf indique qu'un caramel éclaircit de un à deux tons une base brune sans décoloration marquée, selon la couleur de départ. Sur une base très foncée, il faut plusieurs étapes.
Le chiffre après le point est le reflet : 3 pour doré, 4 pour cuivré dans la numérotation reprise par Franck Provost. Certaines marques numérotent les reflets autrement.
Entre le 5 (châtain clair) et le 6 (blond foncé) de l'échelle de 1 à 10, d'après la description du caramel comme teinte située entre le blond foncé et le châtain clair. C'est une lecture, non un numéro officiel.
Dessange conseille de le rafraîchir tous les trois à quatre mois en salon pour garder l'éclat et éviter la repousse visible.
Les notices des fabricants conseillent encore la touche d'essai 48 heures avant, mais elle n'est plus obligatoire depuis 2001, et le comité scientifique européen s'y est opposé en 2019. L'ANSM rappelle qu'une touche sans réaction ne garantit rien. Dans tous les cas, on suit la notice et on évite la coloration après une réaction antérieure.
Non. L'ANSM précise que les mentions « sans paraphénylènediamine » ou « sans ammoniaque » ne garantissent pas l'absence de réaction allergique.
Les teintures contenant de la PPD portent la mention « n'est pas destiné à être utilisé sur les personnes de moins de 16 ans ». L'ANSM déconseille l'usage chez les moins de 16 ans.
Aucune source consultée ne le démontre. La page ne classe pas les teintes.
Shampooing pour cheveux colorés, soin repigmentant hebdomadaire d'après Schwarzkopf, lavages limités à deux ou trois par semaine d'après Dessange.
Sources :
Les repères de nuances (sources 3 à 6) viennent de documents de formation et de marques, non d'un texte officiel. Les consignes de sécurité viennent des sources 1 et 2.